Plaidoyer pour une vraie souveraineté numérique
La souveraineté numérique, nationale et ou européenne, est une ambition légitimement partagée par la plupart des responsables politiques,économiques, médiatiques et culturels,et qui a la sympathie de l’opinion française.Encore faut il avoir une idée claire du champ de cette souveraineté numérique.Pour moi elle signifie protéger, de toute prédation ou manipulation étrangère la liberté de réflexion politique, économique,religieuse et ou philosophique, de choix raisonné de biens et services, et bien sûr la propriété non seulement des données personnelles mais également de tous les biens conservés ou répertoriés sous forme numérique.Cette définition est à la fois plus large et moins obsessionnelle sur les seuls GAFAM que l’acception politico-médiatique courante.Comme je l’ai indiqué lorsque j’ai eu l’honneur d’intervenir au dîner pour la restitution de la partie Tech&Digital d’Orion 2022,il serait souhaitable que les responsables publics et privés aient vis-à-vis des GAFAM la même stratégie de promotion pragmatique des intérêts national et industriel français que celle qui a permis à SNECMA de négocier avec GE la création de la jv CFM International premier motoriste aéronautique mondial et à Framatome de batir la filière industrielle nucléaire française à partir d’un accord technologique avec Westinghouse, dans les deux cas sous la tutelle éclairée du Président Pompidou et de son conseiller Bernard Esambert.J’ai le sentiment que Stellantis a négocié son accord avec Amazon avec une volonté similaire.
En revanche lorsque Facebook et YouTube favorisent par leurs logiciels d’amplification algorithmique la diffusion accélérée des propagandes extrémistes ou complotistes, tout le poids de la puissance étatique doit être mobiliser pour imposer à leurs actionnaires respectifs Metz et Google les codes de bonne conduite et de transparence nécessaires à la protection des utilisateurs.
Enfin et c’est pour moi essentiel car pratiquement toujours oublié dans les débats sur la souveraineté numérique, les intrusions informatiques continues pour rançonner des entreprises et les collectivités en bloquant leurs systèmes d’information ( attaques par rançongiciels) menées par des groupes bien à l’abri a l’est de l’Europe, les escroqueries numériques dépouillant des utilisateurs naïfs ou mal informés du numérique menées par des délinquants permanents eux jamais inquiétés dans certaines grandes villes ouest africaines, et bien le cyber espionnage qui pille les portefeuilles technologiques de nos entreprises, nécessitent une mobilisation beaucoup plus offensive des moyens de l’État pour défendre défendre beaucoup plus activement la souveraineté numérique nationale ainsi bafouée.
Je serais très heureux de pouvoir approfondir dans le cadre d’Orion cette problématique essentielle.